FICHE AGRICULTURE, ALIMENTATION, SANTÉ

MARAÎCHAGE URBAIN ET TRANSFORMATION LOCALE

LA VISION : "Passer du maraîchage à l'arrache à l'horlogerie alimentaire." Pour atteindre 100% de produits frais et locaux dans nos cantines, nous devons sécuriser les deux maillons critiques : l'installation pérenne des producteurs et la capacité de transformation industrielle du territoire.

1. LA CEINTURE MARAÎCHÈRE : DEUX SITES STRATÉGIQUES

Nous constituons une ceinture nourricière de dizaines d'hectares en mobilisant les zones à haut potentiel agronomique de la commune :

  • Les Berges du Veyret : Mobilisation de dizaines d'hectares. Ce périmètre bénéficie d'une double sécurisation hydraulique : l'alimentation par l'aqueduc médiéval et la réserve d'eau constituée par le nouveau Canal élargi du Veyret.
  • Les Berges de la Robine (Amont) : Exploitation des terres en amont de la ville, incluant le site du Ribayrot (4,5 hectares), pour l'installation de micro-fermes maraîchères à proximité immédiate des flux de consommation.

2. LE VERROU DU LOGEMENT : HABITER POUR CULTIVER

Le principal frein à l'installation agricole est l'impossibilité de se loger à proximité des terres. Nous lions systématiquement le foncier agricole à l'habitat.

  • Logements de fonction sociaux : Création d'une réserve de logements sociaux spécifiquement fléchés pour les porteurs de projet installés sur les périmètres du Veyret et de la Robine.
  • Logement indissociable : Réhabilitation du bâti existant ou création de structures habitables sur les zones d'exploitation pour garantir la présence humaine nécessaire à la surveillance et à la technicité du maraîchage intensif.

3. LA GOUVERNANCE SCIC : UN BOUCLIER ANTI-SABOTAGE

Pour soustraire la stratégie alimentaire aux aléas des alternances politiques, nous sécurisons le foncier par un outil juridique collectif.

  • Le modèle coopératif : Le foncier et les infrastructures (serres, réseaux d'eau) sont gérés par une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) associant la Ville, les agriculteurs, les salariés et les citoyens usagers.
  • Pérennité démocratique : La gestion est verrouillée : aucune majorité municipale ne peut démanteler le projet ou détourner l'usage des terres sans l'accord de l'ensemble des sociétaires.

4. L'INFRASTRUCTURE HYDRAULIQUE : L'EAU COMME BIEN COMMUN

L'aménagement hydraulique de Narbonne ne doit plus seulement servir à évacuer l'eau, mais à la stocker pour la production alimentaire.

  • Ouvrage de double usage : Le projet de Grand Canal du Veyret est dimensionné pour servir de réserve d'irrigation stratégique.
  • Réseau de distribution : Installation d'un réseau de pompage et d'adduction d'eau brute vers les parcelles maraîchères, valorisant la ressource disponible (canal et aqueduc) pour sécuriser les récoltes en période de sécheresse.

5. AMORCER LE MARCHÉ : COMMANDE PUBLIQUE ET CERS

La puissance publique agit comme l'accélérateur économique de la filière pour garantir la viabilité des installations.

  • La Commande comme moteur : La Ville et l'Agglo utilisent le besoin massif des cantines scolaires et des foyers (EHPAD) pour initier la demande. Ce débouché garanti permet aux maraîchers de planifier leurs cultures sans risque financier.
  • Monnaie Locale (Cers) : Les transactions entre la SCIC, les producteurs et la régie de transformation sont prioritairement réalisées en Cers. Cela garantit que la valeur produite reste sur le territoire pour financer de nouvelles installations agricoles.

6. MÉTHODE : UNE INSTALLATION PROGRESSIVE ET SOUTENUE

Nous refusons le saupoudrage inefficace. Nous procédons par vagues successives pour valider techniquement chaque espace.

  • Étape 1 : Le Pilote du Ribayrot (Amont Robine) : Réinstallation immédiate sur les 4,5 ha pour stabiliser le modèle de SCIC.
  • Étape 2 : Montée en puissance sur le Veyret : Ouverture d'un espace après l'autre sur les berges du Veyret au fur et à mesure de l'aménagement hydraulique et de la disponibilité des logements.
  • Capitalisation : L'expérience acquise sur chaque zone bénéficie à la suivante, créant un effet d'échelle industriel.

7. TRANSFORMATION : LE PLAN "CUISINES OUVERTES"

Nous résolvons l'inéquation entre le pic de production estival et la fermeture des cantines scolaires.

  • Mobilisation des cuisines publiques : Les cuisines des collèges et lycées, inoccupées en juillet et août, sont transformées en unités de production temporaires.
  • Souveraineté de stockage : Les surplus de production (tomates, courgettes, fruits) sont transformés sur place en conserves ou produits surgelés pour garantir une alimentation 100% locale toute l'année scolaire.

8. L'EBE : LE MAILLON LOGISTIQUE ET L'INSERTION

Le maraîchage urbain nécessite une main-d'œuvre importante pour des tâches que le marché classique peine à organiser.

  • Légumerie publique : Via l'Entreprise à But d'Emploi (TZCLD), les salariés assurent le nettoyage, l'épluchage et la découpe des produits bruts. C'est l'assurance pour les cantines de recevoir des produits prêts à cuire.
  • Logistique du dernier kilomètre : Ce service public d'insertion assure la liaison directe entre les champs (Veyret/Ribayrot) et les points de consommation, réduisant les intermédiaires et les coûts de transport.

9. ÉVALUATION DE L'INVESTISSEMENT

Le projet s'appuie sur une réallocation des budgets existants et le levier des financements d'État.

  • Infrastructures (Réseaux d'eau, serres, stockage) : Estimé à 1,8 M€ sur le mandat, financé par une réallocation de l'enveloppe "Développement Économique" et les subventions du Plan de Résilience Alimentaire.
  • Fonctionnement (Salaires EBE) : Financé à 70% par l'État via le dispositif TZCLD (transfert des dépenses passives du chômage vers l'emploi).
  • Rentabilité : L'économie réalisée sur les achats alimentaires de la ville et la suppression des marges des grossistes industriels assurent l'équilibre financier de la SCIC.
OBJECTIF : UNE FILIÈRE MARAÎCHÈRE STRUCTURELLEMENT PROTÉGÉE, HABITÉE ET OPÉRATIONNELLE TOUTE L'ANNÉE.